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Edito

"Amortisseur social"

Un remède anticrise ?
Un étouffe-TPE ?

Les médias nous rabattent les oreilles avec la crise. D'effrayantes nouvelles ne cessant de tomber. Il faut bien les commenter. Ne sachant que proposer, incapables de définir des buts et de rassembler les énergies. Les professionnels de la parole tiennent un discours rassurant qu'ils ponctuent de cocoricos volontaristes. Ministres, éditorialistes, syndicalistes, etc. y vont de leur couplet...Niaiseries et vantardises se succèdent à l'infini. Dans ce fatras, une formule magique fait florès; "l'amortisseur social".

C'est ainsi qu'ils appellent le matelas de revenus redistribués constitué par les régimes de protection sociale accumulés par notre pays. Grâce à lui, la crise frappe moins vite et moins fort les ayants-droit d'ici que ceux des autres pays. Grâce à "l'amortisseur social", chacun peut se nourrir. La consommation se maintient et les entreprises gardent des clients. C'est l'arme anticrise disent ils.

Un remède anticrise ? NON. Encore une exception française que le monde nous envie! On ferait mieux de s'interroger sur le coût et sur la durabilité de son financement.
Après les 35 heures, les énarques, les services publics (transports, postes, universités), le repos compensateur etc.., voila une nouvelle Ligne Maginot ! Plus couteuse et moins réelle!

Les TPE vous disent: ça suffit ! Cessez, messieurs, de vous gargariser avec des formules creuses!
La fracture sociale, l'ascenseur social (en panne) etc. Assez de gadgets, assez de paperasses qui embolisent les circuits, assez de textes démagogiques qui compliquent la vie des producteurs et des entrepreneurs.
Nous, les TPE, nous récusons tout droit l'ascenseur. C'est d'escalier à gravir, d'effort, de travail et de sérieux professionnel qi'il faut parler.

Un étouffe-TPE ? OUI.
Retour au bon sens et aux réalités. Un amortisseur, c'est pour effacer les creux et les bosses. Quand un véhicule est trop chargé, la suspension est écrasée. Les amortisseurs n'ont plus d'effet. Quand certains se félicitent de nos amortisseurs, on a l'impression qu'ils ignorent que la voiture France est en surcharge permanente.
Comment peuvent ils oublier que les entreprises (dont les TPE, les Très Petites Entreprises, qui comptent pour 40% de l'emploi privé) financent le système ? Et qu'il faut encore ajouter déficit des comptes publics et les emprunts d'état...

Alors de grâce, qu'on cesse de se glorifier d'un amortisseur social qui écrase le moteur, d'un matelas qui nous étouffe; qui autorise la paresse de trop de gens et qui empêche les employeurs d'employer.

Les hommes et les femmes qui travaillent dans les TPE attendent
du gouvernement
de la lucidité, de la modestie et du courage
.
Notre appel à l'honnêteté et à la rigueur intellectuelle doit être écouté. Il faut agir par tous les moyens légitimes pour faire respecter nos valeurs de travail et de responsabilité. Les syndicats et les institutions qui nous représentent - chambres de commerce et d'industrie y compris - doivent les pratiquer et les rappeler aux élus du peuple. Il faut en finir avec les compromis boiteux; cesser d'offrir des gadgets inutiles et coûteux (en matière de formation par exemple) alors que rien de sérieux n'est fait pour éduquer correctement un grand nombre de jeunes. Devrions-nous accepter de subir la croissance de l'ignorance et de l'analphabétisme ? de l'imployabilité ? du refus du travail ?

Le travail est le sang de la société. Ecartons les charlatans qui prônent la saignée, la ponction des producteurs! Les causes de l'anémie sont évidentes: des réglementations profuses et confuses, des prélèvements toujours alourdis. La dégradation de la morale individuelle et de l'esprit public fait qu'on veut profiter plus en contribuant moins. Toute responsabilité publique doit être refusée aux démagogues qui encouragent leur clientèle au racket. De même pour ceux qui radotent les refrains de l'Etat providence et qui n'ont pas un mot pour craindre d'étouffer les TPE et les autres entreprises.
Ce n'est pas en célébrant les qualités d'amortisseur d'un matelas qu'on traverse une crise. Les avantages sociaux ont quelque chose en commun avec les marchés boursiers; ils ne montent pas jusqu'au ciel.

Un patron de TPE